Arrêt sur dialogue/images :Cléo de 5 à 7
-De quoi avez vous peur?
-Le cancer je crois. Je le saurai
ce soir.
-Que vous dire, il y a une chance
sur deux que ce soit autre chose.-Je n'y croyais pas et puis une cartomancienne a vu dans mon jeu.
-Vous croyez aux cartes?
-Oui j'ai peur de tout. Des oiseaux, de l'orage, des ascenseurs, des aiguilles et puis maintenant cette énorme peur de mourir.
-Si vous étiez avec moi en Algérie vous auriez tout le temps peur alors.
-Quel horreur!
-Moi c'est plutôt mourir pour rien qui me désole. Donner sa vie à la guerre c'est un peu triste. J'aurais mieux aimé la donner à une femme. Mourir d'amour.
-Vous n'avez jamais été amoureux?
-Oh si des tas de fois mais jamais autant que j'aurais voulu. à cause des filles vous savez comment elles sont, elles aiment et puis total elles aiment qu'on les aime. Elles ont peur de tout, de se donner a fond, d'y laisser une plume ou deux, d'être marqué, elles aiment a moitié, elles s'économisent. Leurs corps c'est comme un joujou ce n'est pas leurs vies. Alors moi aussi je m'arrête en route, je débraille. Excusez moi de vous dire tout ça je ne vous connais pas.
-Si, si vous dites vrai.
-Vous avez déjà aimé?
-Oui comme ça comme vous dites. J'ai toujours eu peur de me faire avoir. Et maintenant a quoi cela me sert il, je vais garder pour …
-Eh bien nous dramatisons, il me semble!
Cléo de 5 à 7, un film d'Agnes Varda. 1962
Une page se tourne ...
Je suis arrivée à Valencia un mardi je crois. Un mardi du mois de mai. Un tableau parfaitement inconnu s'offrait à moi.
"Déborah, l'Inconnu. "
"L'Inconnu, Déborah. "
"Bonjour!" avons nous dit en écho.
Cet appart rue Benifayo. L'air iodé et les tours prétentieuses de la cité. Ces larges, larges avenues qui nous ouvrent les bras. Ce ciel-aquarelle qui me manque déjà, les colonies de palmiers qui s'agitent au rythme du chant des vertes péruches. Et surtout ces 10 volontaires en exil (qui seront amis, colocs, collègues, amour, VIE...) formant un fou patchwork de nationalités : Italie, Pologne, France, Angleterre, Suède, Grèce, Irlande, Hongrie, Belgique ... Que mas?
"Va-len-cia, Va-len-cia" répétais-je comme comme pour tenter de saisir cette réalité qui me paraissait alors irréelle. Quelle est donc cette ville étrange? Sera-t-elle mienne? Mes yeux étaient grands ouverts, en alerte.
6 mois plus tard, c'est l'heure des bilans. Allongée dans mon lit, je tente la synthèse. Valencia, le SVE, une parenthèse hors du temps ... qui est passée plus vite qu'un claquement de doigts. Clic.
On la refait. Deuxième. Non, non le SVE ce n'est définitivement pas la VRAIE VIE. Anaïs avait raison, elle m'avait prévenu dès le premier jour. Ouais le SVE c'est la VIE moins tous les trucs chiants-qui-te-font-te-ronger-les-ongles et plus tous les trucs qui te font pulser. BEAT BEAT BEAT.
On replit bagage et on dit Aurevoir le Familier comme on a dit Bonjour à l'inconnu 6 mois plus tôt. Un dernier regard sur Benifayo, cette rue qui fut donc mienne le temps d'une saison, pendant que Raph récupère sa byci.
Le soleil des golden-hours innonde la rue, un couple avance main dans la main, jetant en arrière leurs ombres imposantes. Je souris. Je souris.

un mix-monde.

























pour en savoir plus sur le SVE, j'en parle plus sérieusement du côté de chez Zelda, juste Ici
"Déborah, l'Inconnu. "
"L'Inconnu, Déborah. "
"Bonjour!" avons nous dit en écho.
Cet appart rue Benifayo. L'air iodé et les tours prétentieuses de la cité. Ces larges, larges avenues qui nous ouvrent les bras. Ce ciel-aquarelle qui me manque déjà, les colonies de palmiers qui s'agitent au rythme du chant des vertes péruches. Et surtout ces 10 volontaires en exil (qui seront amis, colocs, collègues, amour, VIE...) formant un fou patchwork de nationalités : Italie, Pologne, France, Angleterre, Suède, Grèce, Irlande, Hongrie, Belgique ... Que mas?
"Va-len-cia, Va-len-cia" répétais-je comme comme pour tenter de saisir cette réalité qui me paraissait alors irréelle. Quelle est donc cette ville étrange? Sera-t-elle mienne? Mes yeux étaient grands ouverts, en alerte.
6 mois plus tard, c'est l'heure des bilans. Allongée dans mon lit, je tente la synthèse. Valencia, le SVE, une parenthèse hors du temps ... qui est passée plus vite qu'un claquement de doigts. Clic.
On la refait. Deuxième. Non, non le SVE ce n'est définitivement pas la VRAIE VIE. Anaïs avait raison, elle m'avait prévenu dès le premier jour. Ouais le SVE c'est la VIE moins tous les trucs chiants-qui-te-font-te-ronger-les-ongles et plus tous les trucs qui te font pulser. BEAT BEAT BEAT.
On replit bagage et on dit Aurevoir le Familier comme on a dit Bonjour à l'inconnu 6 mois plus tôt. Un dernier regard sur Benifayo, cette rue qui fut donc mienne le temps d'une saison, pendant que Raph récupère sa byci.
Le soleil des golden-hours innonde la rue, un couple avance main dans la main, jetant en arrière leurs ombres imposantes. Je souris. Je souris.
un mix-monde.
pour en savoir plus sur le SVE, j'en parle plus sérieusement du côté de chez Zelda, juste Ici
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